Rousié & Teisseire
Posté : 12 mai 2010, 21:55
extrait de "l'indépendant" du 11/05/2010
LE BON VIEUX TEMPS Deux parmi les plus grands André Amila consacre aujourd'hui la chronique hebdomadaire à deux "monstres sacrés" au XIII. Max Rousié. Ce joueur d'exception a laissé une empreinte durable dans l'histoire des treizistes. C'est en 1948 que ce "dinosaure" du jeu à XIII joua au Moulin le dernier match de sa carrière. Véritable décathlonien du rugby, il était capable de jouer à tous les postes de l'équipe de France, oui, du n° 1 au n° 13. Phénoménal. Cet athlète de 90 kg, doté d'une détente et d'une vitesse hors du commun, pratiquait aussi une défense "béton".
Ajoutez à tout cela une frappe de balle explosive pour les tirs au but ou des drops à plus de 50 m ! Lors de sa dernière rencontre, en 48 au Moulin, il réussit un drop de 45 m qui fit pâlir Joseph Blasco, le populaire buteur du FCL. Il était alors pourtant dans son déclin amorcé dans les années 40-44 où le jeu à XIII fut interdit par Vichy. Il alimentait sa légende en jouant pieds nus quand le terrain était boueux comme le faisaient les joueurs de Nouvelle-Guinée ! La fédération reconnut ce joueur phare en créant le challenge "Max Rousié" qui perpétue sa mémoire. Claude Teisseire. Plus tard, dans les années 50-60 l'ASC domina ce sport, donnant chaque année l'ossature du XIII national grâce à un pack de fer, "Les Mastodontes" issus de la famille "Taillefer". Mais cette équipe bénéficia surtout d'un 1/2 de mêlée exceptionnel que l'on surnommait "Mickey", personnage célèbre de bande dessinée. Ce n'était pas pour ses grandes oreilles, mais parce qu'il triomphait dans le jeu de son intelligence mêlée de ruse. Sur le terrain, Claude était l'efficacité même. Il ne cherchait pas à être spectaculaire mais se servait de sa tête autant que de ses jambes. Pas de subits crochets, de grandes envolées, mais il était toujours où il fallait à l'instant qu'il fallait, donc, dans tous les coups de génie qui influent la partie. Joseph Guiraud, président révolutionnaire, amena au FCL ce joueur qui changea le destin du vieux club des Corbières. De plus "Monsieur Claude" comme on l'appelait à Lézignan connut le respect, la considération de tous, partenaires, dirigeants, publics. Le fameux "essai du siècle" en 1963 face à Roanne en finale du championnat, il en fut à l'origine : "oubliant" Benausse du grand côté, il eut cette lucidité de transmettre côté fermé à Carrère. Celui-ci arrivait lancé et, par un coup de pied de recentrage au milieu du terrain, voyait Lecea qui n'avait plus qu'à attraper et aplatir le ballon au milieu des poteaux. On connaît la suite qui nous donna la victoire à trois minutes de la fin. Claude Teisseire revient à l'ASC dont il fut l'entraîneur qu'il mena au titre suprême puis il réalisa ce qu'aucun autre joueur ne put jamais faire : Il devint un arbitre modèle qui connut la consécration aussi dans ce domaine lorsque la Rugby League le désigna pour la finale de la Coupe du monde. Nul autre n'a fait ce qu'il a fait et notons au passage que cet extraordinaire meneur de jeu ne fut jamais absent, jamais blessé et j'ajoute que je le vois aujourd'hui, parfois à Carcassonne. Il a, tenez-vous bien, l'allure d'un jeune homme svelte, souriant et confiant dans son avenir. Exemplaire !
LE BON VIEUX TEMPS Deux parmi les plus grands André Amila consacre aujourd'hui la chronique hebdomadaire à deux "monstres sacrés" au XIII. Max Rousié. Ce joueur d'exception a laissé une empreinte durable dans l'histoire des treizistes. C'est en 1948 que ce "dinosaure" du jeu à XIII joua au Moulin le dernier match de sa carrière. Véritable décathlonien du rugby, il était capable de jouer à tous les postes de l'équipe de France, oui, du n° 1 au n° 13. Phénoménal. Cet athlète de 90 kg, doté d'une détente et d'une vitesse hors du commun, pratiquait aussi une défense "béton".
Ajoutez à tout cela une frappe de balle explosive pour les tirs au but ou des drops à plus de 50 m ! Lors de sa dernière rencontre, en 48 au Moulin, il réussit un drop de 45 m qui fit pâlir Joseph Blasco, le populaire buteur du FCL. Il était alors pourtant dans son déclin amorcé dans les années 40-44 où le jeu à XIII fut interdit par Vichy. Il alimentait sa légende en jouant pieds nus quand le terrain était boueux comme le faisaient les joueurs de Nouvelle-Guinée ! La fédération reconnut ce joueur phare en créant le challenge "Max Rousié" qui perpétue sa mémoire. Claude Teisseire. Plus tard, dans les années 50-60 l'ASC domina ce sport, donnant chaque année l'ossature du XIII national grâce à un pack de fer, "Les Mastodontes" issus de la famille "Taillefer". Mais cette équipe bénéficia surtout d'un 1/2 de mêlée exceptionnel que l'on surnommait "Mickey", personnage célèbre de bande dessinée. Ce n'était pas pour ses grandes oreilles, mais parce qu'il triomphait dans le jeu de son intelligence mêlée de ruse. Sur le terrain, Claude était l'efficacité même. Il ne cherchait pas à être spectaculaire mais se servait de sa tête autant que de ses jambes. Pas de subits crochets, de grandes envolées, mais il était toujours où il fallait à l'instant qu'il fallait, donc, dans tous les coups de génie qui influent la partie. Joseph Guiraud, président révolutionnaire, amena au FCL ce joueur qui changea le destin du vieux club des Corbières. De plus "Monsieur Claude" comme on l'appelait à Lézignan connut le respect, la considération de tous, partenaires, dirigeants, publics. Le fameux "essai du siècle" en 1963 face à Roanne en finale du championnat, il en fut à l'origine : "oubliant" Benausse du grand côté, il eut cette lucidité de transmettre côté fermé à Carrère. Celui-ci arrivait lancé et, par un coup de pied de recentrage au milieu du terrain, voyait Lecea qui n'avait plus qu'à attraper et aplatir le ballon au milieu des poteaux. On connaît la suite qui nous donna la victoire à trois minutes de la fin. Claude Teisseire revient à l'ASC dont il fut l'entraîneur qu'il mena au titre suprême puis il réalisa ce qu'aucun autre joueur ne put jamais faire : Il devint un arbitre modèle qui connut la consécration aussi dans ce domaine lorsque la Rugby League le désigna pour la finale de la Coupe du monde. Nul autre n'a fait ce qu'il a fait et notons au passage que cet extraordinaire meneur de jeu ne fut jamais absent, jamais blessé et j'ajoute que je le vois aujourd'hui, parfois à Carcassonne. Il a, tenez-vous bien, l'allure d'un jeune homme svelte, souriant et confiant dans son avenir. Exemplaire !